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Milles nuances en live

Posted 3/1/2018

Plaisir de voir, de jouir en regardant

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Bon. Je fais bien sûr référence à un truc-à-buzz récent. J'explique juste pourquoi : car je n'aime pas ce buzz. Bizarre. Oui. D'aucun diront jalousie. Je dirai juste que c'est mal écrit. Que ça veut absolument mettre du politiquement correct sur ce que c'est : de la pornographie (dans un roman d'amour). La seule chose qui est unique et intéressante dans ce buzz : c'est son succès vertigineux. Chez les femmes. En public. Mais oublions. Peu m'importe. Mes nuits sont plus belles que ces films ou livres...


Or donc... Regardons dans cette pièce... Une lumière dans un coin qui cache à peine un canapé.

Une femme sur ce canapé. Qui attend. Peut-être une deuxième ? Accompagnée de son mari. Peu importe. L'attente est là. Les sexes sont humides. L'odeur du désir féminin est omniprésente. Les mains s'égarent entre les jambes. Les complexes et tabous ont été complètement abandonnés avant de s'installer sur ce canapé. Seul reste le désir de vivre un plaisir indécent, animal, qui répond à des pulsions profondes, qui résonnent au fond de nos corps depuis des millénaires. Le plaisir de voir cette violence s'exprimer. Devant soi. Pour soi. en .. "live". Hors de toute raison.

D'aucun crierait au scandale. Malsain ! Non. Rien de malsain. Ce qui est malsain, c'est de nier ce plaisir, ou de le vivre par procuration, à travers les films, les livres. Ce qui est malsain, c'est de jouir de ce plaisir en s'auto-justifiant, parce que cette violence est "sublimée" dans la beauté artistique, grâce à l'écrivain ou au réalisateur. Ce qui est malsain, c'est de ne plus avoir de limites dans cette violence déversée dans les films et livres. Ce jour, Ce soir, dans cette pièce, cette violence sera vécue. Elle sera regardée. Avec plaisir. Elle fera jouir. Car elle est jouissive. Sans faux-semblant. Sans politiquement correct. De façon saine. Honnête.

Au centre de la pièce, une flaque de lumière crue. Qui inonde un espace encore vide. Sur les côtés, on devine des accessoires. Qui font trembler. De plaisir. En imaginant à quoi ils vont servir.

Un bruit. Une porte qui s'ouvre. Des pas. Des talons qui claquent sur le sol. Des pieds nus qui frôlent le carrelage. Une respiration haletante, provoquée par l'émotion de celui qui s’offre à ce cérémonial. Il est tenu par un lien autour de ses poignets dans le dos. Derrière lui, le maître de ce cérémonie l'accompagne, dans sa démarche chaloupée guidée par ses cuissardes de cuir, très hautes qui dessinent à merveille ses fesses musclées nues. Les deux hommes sortent de l'ombre et plongent dans la lumière éblouissante. Le décor est placé. L'émotion de ces femmes est au comble. Leur caresses se font plus précises. Hésitantes entre leurs seins, mais attirées inexorablement par leur entrejambe. Par leur sexe. Par le sexe en érection du mari.

L'homme aux mains liés est mis de dos. Son corps est beau, encore à demi-caché par les vêtements flottants. La corde se délie. Pour se glisser dans l'accroche qui descend de la nuit au-dessus de leurs têtes. Un nœud. La corde claque quand il tire violemment sur la ganse pour assurer le serrage. Les épaules de l'homme attaché répercute ce mouvement brusque. Le maître de cérémonie caresse le dos de celui qui va offrir son corps aux sévices. Pour le plaisir de ces dames. Qui se caressent dans la pénombre. Sainement. Le mari se glisse entre les jambes de sa femme pour y glisser ses baisers.

Le premier accessoire est saisi. Un claquement dans l'air. Sur la table. Faisant claquer les sens et les émotions des spectateurs. Qui veulent voir. La suite. En live. Devant eux. Quand le vêtement est enfin relevé. Que la peau de ses fesses est enfin nue. Que ses reins sont enfin dévoilés. Pour qu'enfin tombe le premier coup. Qui fait tressaillir l'homme attaché, mais aussi ces femmes. Qui fait crisper les mains enfouies dans les cheveux de son mari entre ses jambes. Les autres accessoires attendent sagement, chacun leur tour. Pour offrir tout ce qu’une femme peut désirer de voir. De regarder. Pour son plaisir. Chacun des accessoires viendra offrir un sévice sur des parties différentes du corps de l'homme qui s'est offert pour ce spectacle. Aucun de ces accessoires ne fera de douleurs violentes. Ni de marques. Ni de séquelles. Tout sera dans le plaisir du geste, du bruit, du mouvement, de l'allure, du tressaillement, de l'attente, du temps, du plaisir offert à celles qui regardent. Du "live". Offert pour le plaisir des sens.

Le fouet claque sur la peau. Ses trois grands brins de coton lourd,rouges et blanc, viennent s’enrouler contre les hanches nues. Le corps réagit à ce coup, répercutant son désir de se libérer dans les maillons de chaîne d’acier qui le lient. Puis avec douceur, les fouet se délove, se glisse sur la peau, le long des jambes, pour s’écouler à terre. D’un geste du poignet, le fouet reprend vie, pour refendre l’air à nouveau, perdre les regards. Le chuintement du fouet prépare l’attente. L’attente d’un autre coup.

Puis le fouet cède la place au martinet. De cuir. Avec ses longues lanières noires. Qui glissent sur la peau décorées de quelques légers traits de rougeur laissés par le fouet. Les lanières caressent, cherchent le plaisir qui naît sur la peau, ressentent le frissonnement de l’attente. Quand le désir est là, la masse de cuir noir, souple, s’élève rapidement. Pour retomber dans un bruit mat sur le lieu désiré. Souhaité. Attendu. Puis les caresses reprennent. Cherchant le nouveau lieu désiré. Offrant à chaque coup un tressaillement. Un plaisir. Un cri chez celles qui regardent.

La suite est plus inattendue. Un petit instrument. Avec une roulette que le maître fait tourner dans la lumière. On y voit des dents tout autour de ce disque de métal. Il approche cette roulette des jambes de l’homme. Il l'appuie sur les bas qui travestissent cet homme. Les dents viennent à déchirer doucement le voile, lacérant les bas noirs. Descendant jusqu'aux talons hauts. La roulette s’enfonce dans le voile, la peau, pour rendre complètement indécent ce travestissement.

L’homme est retourné. De face. Son sexe contraste avec l’habillement féminin. Soulignant encore plus le décalage de cette scène. Le maître de cérémonie ouvre avec brutalité le corsage de l’homme. Saisit un couteau. Le glisse sous le soutien gorge. Entre les bonnets. Puis fait glisser la lame brillante pour terminer ce déshabillage. Le soutien gorge cède, laissant cet homme à demi nu, dans ses vêtement féminins lacérés.

Le maître de cérémonie prend une bougie. La lueur s’approche de cet homme. La bougie se penche. La flamme vient faire fondre la cire. Des gouttes tombent. De couleur rouges. Se figeant immédiatement sur la peau. Dessinant des formes qui se glissent. Plus bas. Là où les femmes attendent avec impatience. Sur le sexe de cet homme qui montre son désir. Son plaisir. Lié à celui de ces femmes qui se caressent en regardant le spectacle qu’il offre. Pour elles.

Plaisirs d’ombres.

Indécents.