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L'initiation

Posted 10/10/2018

Rite éternel, oublié...

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Epilogue

 

Il est certes peu commun de rencontrer un épilogue en début de lecture, mais il me semblait important de vous faire partager le plaisir de ce qu’il m’offrit pour mon plus bel anniversaire, celui où seul un mari aimant peut amener à son plein épanouissement une femme, en lui faisant découvrir son corps dans la fleur de l’âge, en lui offrant des plaisirs incommensurables, même si …

Mais je ne déflorerai pas ce qui suit, une retranscription de la lettre qu’il m'offrit pour mes quarante ans, mélangeant narrateur et lecteur, maître et élève, réalité et fantasmes, présent, passé et futur.

Même si beaucoup de temps fût nécessaire pour qu’il puisse m’offrir ce qu’il m'avait dévoilé dans ce récit, et malgré les défauts de la réalité, bien souvent moins sophistiquée que le monde imaginaire, je ne pourrai vous décrire le plaisir que j’ai eu quand ce rêve se réalisa , qu’il eut tout préparé pour moi, pour m’offrir cette initiation, rien que pour moi, mon plaisir, mais aussi le sien.

Je vous abandonne donc, au pied de cet épilogue en guise de préface, dans cette délicieuse invitations à l’amour ..

 

Préambule

 

Le temps était froid, le ciel couvert, et quelques gouttes venaient glisser doucement sur la fenêtre. Cela faisait plusieurs mois que je m’affairais à lui préparer son plus beau cadeau d'anniversaire, le plus beau qu’un mari puisse offrir à sa femme aimée : un bouquet de plaisirs inégalés, pour une initiation hors du commun.

L’idée m'était venue, un soir parmi tant d’autres quand je pense à elle, alors qu’elle vaque à ses milles occupations, tout en délivrant son amour à nos enfants. Le projet me semblait trop audacieux, voire irréalisable. Pourtant, si il était né dans mon imagination, avec autant de vivacité et de réalisme, c’est qu’il avait dû exister. Peut-être il y a si longtemps que nous l’avions oublié, dans un temps où le plaisir n'était pas encore pêché, mais où il s’apprenait et se cultivait, afin de devenir un art de vivre, l’âme d’un bonheur perdu à tout jamais, un temps où la vie ne prenait sa réelle mesure qu’une fois révélées les milles sources de plaisir de notre corps, de tout ce qui donne vie à la vie.

Je lui écrivis alors une invitation pour redécouvrir cet apprentissage d’un monde révolu. Je lui décrivais tel que je l’imaginais, comme dicté par un subconscient immémorial, voulant faire renaître des ses cendre un rite mille fois vécu l y a fort longtemps, comme si le temps de rédemption était enfin révolu, et que, par ma main, il voulait s’offrir au monde.

Mais, l’écriture ne suffisait pas. Le rite devait s’accomplir. Et par Elle, renaître pour se reconquérir. Et tel fut notre immense bonheur, celui de réaliser cette initiation aux plaisirs, cette initiation à la Vie.

 

Je lui présentais alors Mahela, une femme brune, aux cheveux bruns qui tombaient sur ses épaules dans une avalanche de boucles aérées. C’est elle qui m'avait donné confiance pour cette aventure. Elle avait été immédiatement séduite par l’idée, et s'émerveillait d’être celle qui allait faire ainsi renaître cette coutume. Elle n’avait rien de particulier qui la destinait à ce rôle, si ce n'est peut-être un goût pour le contact et un regard chaud et profond. Je ne connaissais que peu de chose sur elle, et cela avait peu d'importance. Elle non plus n’avait pas senti le besoin de d’en apprendre beaucoup sur notre vie privée, comme si ce que nous vivions n’était pas nécessaire, ni même très favorable à ce que nous allions vivre. Par contre, un profond sentiment de confiance s’était établi entre nous, comme si nos regards, nos postures, redécouvrant un langage oublié, échangeant par mille signes invisibles ce que les mots ne peuvent exprimer.

Mahela avait pris très rapidement la dimension et l’importance de son rôle. Elle ressentait qu’elle avait une grande responsabilité dans tout ce qui allait se passer , et que c’est par elle qu’allait prendre racine la renaissance de cette initiation.

Nous passâmes quelques mois à nous découvrir, profitant de quelques rencontres pour laisser au temps le temps de se reconstruire en nous.

Mahela et moi réglâmes tous les détails du rituel, avec une discrétion qui ne voulait rien cacher, tenu dans un secret qui n’en était pas un. Quand le jour fût venu, je me retirais, lui laissant à elle seule la direction des événements. Seule mon imagination et les longs préparatifs me permirent de retracer ce qui suit, laissant dans le présent les merveilles de ce qui se passa réellement.

 

L’initiation

 

Mahela l'accueillit donc un matin, peu après que le soleil se soit levé. Des rayons de lumière naissant inondaient la pièce drapée de blanc , décorée de fleurs aux couleurs pastels. La lumière jouait avec les ombres des pétales qui parsemaient le sol, révélant une odeur légère, se frayant un chemin dans la douce tiédeur naissante.

Quand elle fût tout près d’elle, elle lui porta un baiser sur ses lèvres, puis fit doucement glisser sa robe de ses épaules. La lumière l’habilla alors doucement, glissant ses ombres sur son corps, dessinant ses douces rondeurs sources de vie.

Elle l’invita alors à s'asseoir sur le bord d’une très grande table dressée au milieu de la pièce, elle aussi drapée de blanc, tel un autel offert au soleil levant.

De ses mains, elle l’enveloppa de miles caresses invisibles, lui offrant toute son âme; mélangeant ses sens aux siens, telle deux soeurs d’esprit qui s’unissent. Puis elle trempa son doigt dans une bassine de cuivre remplie d’huile à la saveur épicée, tenue par une jeune femme vêtue de blanc, qui venait d’arriver sans bruit, comme de nul part. Elle dessina sur son corp un long trait, partant de son front, jusqu’à la naissance de sa toison. Puis elle recommença dans son dos, partant de sa nuque jusqu'à la naissance des ses reins. Puis elle fit de même sur ses bras, de l’épaule jusqu’à ses mains, puis sur ses jambes, de la naissance de ses hanches jusqu’à ses chevilles. Chaque trait ainsi dessiné traçait une ligne directrice pour les sens, unissant chaque partie du corps à son âme.

Plusieurs autres jeunes femmes vinrent alors, se présentant une à une dans un silence aux pouvoirs infinis, recevant par les mains de Mahela une partie du pouvoir qu’elles allaient lui offrir.

Doucement, Mahela l’allongea sur le dos. Chacune des femmes dispensa alors ses caresses, dans une orchestration d’une finesse infinie, jouant sur les rythmes et les intensités, sur une pression contrôlée qui disparaît, se faisant languir, puis ré-apparaissant de façon inattendue à un autre endroit. Chaque instant décuplait les sensations, dévoilant tour à tour de nouveaux points d’où coulaient à flot une sensation de plaisir, tels milles sources délivrant leur eau fraîche et claire à celui que sait les goûter.

Tout son corps vibrait au rythme de la partition que jouait les mains de ces femmes autour d’elle. Touchant, effleurant, caressant, approchant. Chaque caresse était comme une note révélant l’harmonie de son corps, faisant naître doucement la douce mélodie du plaisir, celle qui se cache en chaque femme, attendant patiemment d'être jouée, avec une dextérité infinie apportée par les mains, les corps et les âmes de celles qui l’entourent.

Chacune d’entre elles jouaient une portée infiniment précise, apportant toute leur virtuosité dans chaque recoin de son corps. De ses pieds jusqu’au front, de se mains jusqu’aux hanches, de ses seins jusqu'à sa plus profonde intimité, chacune d’entre elle révélaient un nouveau timbre, enrichissant à chaque instant la richesse de cette symphonie de plaisir.

Les caresses semblèrent durer une éternité, laissant un flux et un reflux inonder l’âme de ces sensation nouvelles, jusqu’à ce que l’instant semble arrêter le défilement du temps, immobilisant chaque sens, s’ouvrant sur une nouvelle voie, celle d’un plaisir inégalé, celui qui est la vie, que seule une femme peut ainsi connaître, pour son plus grand bonheur.

Le plaisir, source de vie, délice caché attendant sa révélation, pour un bonheur sans fin , l’envahit et lui ouvrit ainsi l’accès à un monde nouveau, celui unissant la vie et le plaisir. Un monde offert aux femmes, dont elles sont celles qui ramèneront leur moisson à celui qui lui consacrera sa vie, celui qui l’aidera à parcourir milles fois ce chemin révélé par cette initiation, source de plaisir de vie, transmis de mère en filles, pour l’éternité.