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Effeuillage

Posted 11/10/2018

Se lancer dans cette expérience si mystérieuse et délicieuse ...

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Jouer avec ses craintes. S’en jouer. Créer avec ce qu’on est. Trois petites idées pour commencer ce petit cours d’effeuillage. “Cours” ? Non. Atelier ? Non plus. Coaching : encore moins, je n’ai rien d’un expert. Disons plutôt : mise en situation, improvisation, jeu, confiance, plaisir, partage, amusement, échange, ensemble…

 

Lé décor :

Pas de barrière entre le spectateurs et les acteurs. Ce n’est pas un spectacle produit par des pro pour des consommateurs. Aucun n’est le “critique” qui juge et note.

Chacun est acteur du spectacle. Ne fut-ce qu’en regardant. Regarder fait naître une émotion par l’échange entre celui qui fait et celui qui regarde. Celui qui regarde peut devenir acteur, co-acteur. Les rôles peuvent s’inverser à tout moment.

La lumière est douce, pour mettre en valeur les lieux, les acteurs. Une lumière chaude, qui joue avec les ombres.

La chaleur est idéale pour une tenue légère, sans être excessive pour ne pas gêner les émotions un peu .. chaudes.

Une douce odeur musquée flotte dans l’air. Faite d’encens qui diffuse une légère traînée de fumée dans la lumière ambiante.

La musique est douce, sans connotation ni référence culturelle trop écrasante. Pas de rythme ni de ritournelle qui briderait les legato et ornementations nécessaires à la sensualité.

Quelques mets sont ici où là. D’aucun pour faire pétiller les esprits. D’autre pour des usages encore plus .. coquins…

Un appareil photo est là, invisible. Oublié. Dans un recoin. Peu importe la faible luminosité, il sait capter les moindres jeux de lumière. Il sera le témoin qui captera les plus beaux de ces instants magiques, afin de les fixer dans le temps.

 

En piste !

Peu de mots. Des sensations. Douces. Des regards. qui cherchent le plaisir d’être là, entre soi. Deux verres qui tintent dans une complicité attendue, faisant pétiller les fines bulles le long du verre, avant d’offrir leur saveur aux délices de la volupté qui s’invite.

De petits accessoires simples. Une chaise qui donne envie d’être enfourchée de façon sexy “par derrière”. Un tabouret qui réclame un pied posé délicatement dessus,. Une table basse en bois très massif qui donne envie de poser tout son corps sur elle. Un éclairage rasant au sol qui demande à inonder un entrejambe qui s’égare,. Une accroche qui permet de glisser une corde bien haut pour lier des poignets. Un tapis qui permet de se glisser au sol pour inverser un point de vue. Un canapé qui permet de se caler pour regarder un verre à la main. Un foulard qui permet de cacher un regard. Un jouet qui peut disparaître par mégarde au milieu d’un entrejambe trop offert. Des fouets et martinets de coton et de cuir qui attendent patiemment de venir fouetter l’air, se glisser sur les corps, faire claquer les cris et faire naître les chuchotements....

Il n’y a pas de genre dans ce jeu. Il y a un masculin et un féminin, tous deux dans le désir mutuel, dans le désir de charmer. De plaire. Les corps sont beaux, indépendamment de leur genre. Ils sont beaux car ils sont désirés, rendus désirables, par le regard de l'autre qui le désire. Chaque corps est unique, avec sa beauté, qui se doit d’être mis en valeur par celui qui connaît son corps mieux que tout autre, pour lui-même d’abord. Un corps d’homme est beau. Celui d’une femme aussi. Différemment. Le regard d’une femme est beau, désiré. Celui d’un homme aussi.

 

Improviser

Aucune partition. Aucun code. Improviser.

Improviser ne signifie pas faire n’importe quoi. Bien au contraire. Improviser, c’est connaître des schémas. Ses schémas. Plus que connaître, c’est les ressentir, savoir qu’ils sont en soi. Se les approprier. Pleinement.  Quelque schémas suffisent. Car si tout le monde est acteur, chacun avec ses quelques schémas, la somme et la diversité de tous fera un tout riche et complet.

Il ne faut pas essayer de décalquer des schémas “classiques” ou “célèbres”, et mal les restituer car mal digérés. Ecouter la Callas chanter, et essayer de chanter comme elle n’a aucun sens. Il vaut mieux se créer son petit monde à soi, qui est maîtrisé de facto, car en soi. Savoir ce qu’on est, ce qu’on a envie d’être.

Improviser revient alors à poser naturellement ce qu’on est, ce qu’on sait, en accord avec le jeu des autres, leur regards,leur actions. Pas de contrainte structurelle ou rythmique. Une fluidité. La ligne rouge ( la grille d’accords en musique) est donnée par celui qui mène le jeu à un instant donné, rôle qui peut changer…

 

Crescendo, legato, réponse, écho, dialogue, liaisons, soutien, tutti, coda, cadence, piano, forte, decreschendo, point d’orgue, suspension, modulation, glissando, rubato ... Tous ces mots qui décrivent les jeux musicaux, qui se retrouvent dans la vie. En jouer. Avec l’autre, les autres. Par le regard, la complicité. Saisir ce qui est proposé, le relayer. Sans précipitation. Dans la douceur. Se laisser conduire. Pour mieux s’étourdir. Sans précipitation. Prendre le temps. Laisser le temps au temps. Laisser le temps se jouer du temps. Prendre plaisir au temps qui s’écoule. Doucement.

Laisser le maître de ces lieux proposer. S’approprier ses propositions. Les transformer. Pour les traduire en soi. Et les transmettre à nouveau. Sans aucun jugement. Car il n’y a pas de jugement de l’autre. L’autre désire goûter au plaisir de recevoir. Il n’y donc que plaisir à offrir ce qu’on est, dans ce qu’on est tout naturellement.

 

Prendre une cerise à l’eau de vie, la glisser entre ses lèvres. Venir l’embrasser pour la croquer. Ensemble. Sentir la pulpe gorgée d’alcool se fondre dans les bouches liées par ce baiser.

Glisser le jet de lumière rasante entre ses jambes écartées, pour sublimer le regard sur ce qui attire tant le désir.

Glisser ses mains sur son corps. Sous ses derniers habits. Sur le corps de l’autre. Accompagner ses caresses. Y répondre.

Ignorer, accaparer, faire miroir, provoquer.

Prendre une corde, la délover, enlacer, laisser couler sur ses bras, pour se faire lier.

Glisser les mains dans ses cheveux. Les siens. Ou les siens, pour les tirer en arrière dégageant dans la lumière rasante la gorge où perlent des gouttes de désir.

Se reposer pour regarder, contempler, reprendre son souffle, ses esprits, se perdre dans le plaisir de regarder, contempler, laisser la volupté s’écouler en soi, se caresser en regardant, se faire caresser en regardant.

Glisser un doigt entre ses lèvres à lui, puis dans cette entrejambe humide encore caché par les derniers remparts de tissu. Le faire languir par cette odeur de désir féminin.

Faire glisser ce vêtement. Avant celui-ci. Le remettre pour changer une composition, un désir. Laisser les accessoires venir outrager la quasi nudité. Sentir ces talons qui galbent les jambes nues, jusqu'aux reins encore plus dénudés.

Laisser le décalage s’installer dans les choix, pour surprendre, être surpris, émerveiller, s’émerveiller.

Sentir le regard capté par ses mains qui découvrent cette partie intime, tant désirée. Accepter son corps comme il est, dans sa beauté qui est sienne, cette beauté qui est désirée.